Au
service des espaces restreints
L’idée première est apparue en mai 1992
en découvrant l’appartement que j’allais
plus tard habiter.
Au rez-de-chaussée d’un immeuble de 1912 aux
multiples moulures, aux carreaux biseautés, et aux
portes peintes en imitation bois.
Passé l’entrée de l’appartement,
je découvris un long couloir de 17 mètres permettant
d’accéder à chacune des pièces.
Sa largeur d’un mètre cinquante et sa hauteur
de 3 mètres offraient une perspective inattendue dans
un logement du 17ème arrondissement parisien.
Ma réaction première fut d’imaginer des
toiles éclairées dans ce couloir, à la
manière d’une galerie.
Plusieurs mois plus tard, après l’emménagement,
il devint évident qu’en moins d’un mètre
cinquante de recul, seule la présentation d’icônes
semblait digne d'intérêt.
Comment contourner un tel problème si l’on aime
les grands formats.
La réponse apparut dans son immense simplicité
: créer des “ miniatures géantes”
Une autre forme de représentations
figuratives

Cette mutation, outre sa nature physique, véhicule
une autre forme d’intéractivité avec le
public, qui perd sa fonction contemplative pour gagner en
action constructive.
L’information sur son support 2D ne peut être
une projection crédible d’un monde en 3 dimensions
: 1er ou 2ème degré, j’aime ou je déteste…
Brisons les derniers carcans ! et nous passerons à
l’ère des méta-messages !
- Que chacun en fonction de ses rêves, de ses cauchemars
et de ses fantasmes devienne le peintre véritable.
- Que chacun puise dans cette base de données
les pièces de son puzzle pictural.
- Qu’à partir de cette palette réactive
l’œil retrouve le plaisir simple d’une composition
inattendue.
- Que chacun y découvre un univers impitoyable
ou tendre, sans concept ou artifice.
Aucun message “subli-minable” ne doit venir réveiller
le zappeur repenti pour un instant et installer un malaise, un doute sur la nécessité de son action
intérieure en cours, et désengrener les rouages du fragile mécanisme créatif.
Chaque œuvre devient une palette graphique mentale, une
sorte de programme neuronal d’Aide à la Création de Mondes Extérieurs,
(ACME !!?) où chacun pourra reconnaître ses
démons et ses anges.
Quelque chose de l’auberge espagnole
Cette exposition propose une base de données iconographiques,
telle une boîte où l’on mélangerait
les pièces d’un vaste puzzle.
Toutefois, chaque pièce de ce puzzle possède
une vie propre, une histoire secrète et un destin…
(si vous l’achetez !).
Mais rien de tout cela ne sera jamais dévoilé.
(sauf les conditions financières du destin  ;-)
Ainsi, votre curiosité pour les motivations du peintre
au moment de l’acte doit rester inassouvie, pour ne
jamais interférer avec votre propre quête.
Une image brutale du biotope “TERRE”

Le choc des matières qui s’entremêlent
ou se déchirent est la principale justification de
la Miniature Géante. Le choix des catégories
de substances : vinyliques, glycérophtaliques, cellulosiques,
acides et canard wc ®, vernis acryliques et huiles diverses,
reproduisent entre elles les symptômes de l’activité
de la micro-désorganisation de notre vivarium cosmique.(*)
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